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Erasmus Mundus, une success story qui ne se dément pas

Mise à jour le :

Alors que le programme Erasmus Mundus vient de fêter ses vingt ans, focus sur ces masters à dimension internationale et hautement reconnus, dans lesquels l’université de Bordeaux excelle.

Photo : Cohorte d'étudiants du master Neurasmus 2023 ® université de Bordeaux
Cohorte d'étudiants du master Neurasmus 2023 ® université de Bordeaux

20 ans déjà que le programme Erasmus Mundus offre des opportunités de mobilité internationale aux étudiants du monde entier, qui peuvent bénéficier de formations de très haut niveau dans des domaines variés (chimie, neurosciences, sciences de l'environnement...). Depuis 2014, le programme s’est concentré sur les masters, et les chiffres témoignent d’une belle réussite : 585 projets de masters financés, impliquant des établissements de 140 pays, pour plus de 48 000 étudiants ayant suivi ces formations.

La France est le pays le plus impliqué dans le monde dans les masters Erasmus Mundus depuis le début, avec 469 participations des établissements d'enseignement supérieur français.


Ce succès s’est aussi concrétisé au sein de l'université de Bordeaux qui a, au fil de ces deux décennies, porté ou accompagné de nombreux masters, notamment le master Algant, qui a été parmi les tous premiers Masters Erasmus Mundus en 2004, et Neurasmus, qui a accueilli depuis 2010 plus de 170 étudiants venant de plus de 50 pays. L'université de Bordeaux est la troisième université française en nombre de projets accompagnés ou portés.

Le programme Erasmus Mundus a joué un rôle important dans l'internationalisation de la formation de l'université de Bordeaux, qui a soutenu dix-huit projets Erasmus Mundus - neuf en tant que coordinatrice et neuf en tant que partenaire.

Les masters conjoints Erasmus Mundus auxquels participe l’université de Bordeaux en tant que coordinatrice ou partenaire :

La commission européenne a marqué cet anniversaire des 20 ans du programme avec une conférence dédiée à Bruxelles la semaine dernière, avec notamment une présentation par Joanne Pagèze, vice-présidente en charge de l'internationalisation sur l'avenir de l'enseignement supérieur européen, avec l'opportunité de synergies entre les Masters Erasmus Mundus et les Alliances d'universités européennes comme ENLIGHT.

Erasmus Mundus

Les masters conjoints Erasmus Mundus sont des programmes d'études intégrés de haut niveau, conçus et dispensés par un partenariat international d'établissements d'enseignement supérieur. Un Erasmus Mundus Joint Master (EMJM) implique a minima trois établissements issus de pays différents, dont au moins deux États membres de l'Union Européenne ou des pays tiers associés au programme. En supplément, d'autres partenaires éducatifs et/ou non éducatifs possédant une expertise et un intérêt spécifiques dans le domaine d'étude peuvent également y être associés.

En soutenant ces formations reconnues conjointement, l'UE vise à favoriser l'excellence et l'internationalisation des institutions participantes. Des bourses conséquentes permettent aux étudiants de participer à ces programmes prestigieux. Elles s’élèvent à 1400€ par mois et par étudiant sur une période maximale de 24 mois, couvrant l’ensemble des frais occasionnés par la participation des étudiants au programme du master (hébergement, frais de voyage, frais de séjour, matériel...).

Neurasmus, les neurosciences ouvertes sur le monde


Témoignage de Pascal Fossat, professeur à l'université de Bordeaux et porteur du projet Neurasmus (European Master in Neuroscience)

Quel a été le point de départ de Neurasmus ?

Neurasmus a été proposé par le professeur Daniel Voisin en 2011 dans le but de créer un programme européen de haut niveau pour former les neuroscientifiques de demain. Ce programme était alors basé sur une finalité académique. Le programme a par la suite été renouvelé deux fois, en 2016 et 2020, sous la direction de la professeure Agnès Nadjar, qui a orienté le programme vers le développement de la carrière des étudiants en mettant l'accent sur des carrières hors académie (secteur privé), puis vers le développement de l'esprit d'entreprise (entrepreneurship).

Quelles sont les perspectives pour le master dans les prochaines années ?

Le programme finit en 2026, la dernière cohorte étant recrutée cette année. Nous préparons le renouvellement avec un programme que développera les carrières hors académie et l'acquisition des éléments conceptuels de base pour les neurosciences de demain (open Science, gestion des données, open ressources, partage, pipeline et utilisation des données, mais aussi vulgarisation et transmission du savoir). Nous allons intégrer un nouveau partenaire européen (University of Galway) qui va développer l'approche pharmacologique grâce à des contacts avec des entreprises du secteur en Irlande. Le programme, dans sa nouvelle mouture, rassemblera huit partenaires, dont trois partenaires ENLIGHT (Gottingen, Galway et Bordeaux) et un partenaire hors Europe (Université Laval à Québec). Nous accueillerons également NTU Taiwan comme partenaire associé, tout en gardant nos partenaires associés historiques tels que SPARK et Ottawa.

Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face en tant que porteur du master ? Quelles sont les plus grandes satisfactions ?

Le défi est de pouvoir amener l'ensemble des membres du consortium vers une vision commune du programme. Proposer à l'Europe des idées nouvelles adaptées aux besoins de la science et aux progrès technologiques, arriver à rendre le programme soutenable dans la durée avec à chaque application une période blanche sans financement européens.
Les grandes satisfactions sont d'avoir pu stabiliser un consortium de très grande qualité et solide, et de le voir croitre avec de nouveaux partenaires. D'avoir su fidéliser les "anciens" réunis dans un bureau des anciens qui est très actif pour aider les étudiants actuels dans le développement personnel, et de voir que les près de 150 étudiants Neurasmus sont très majoritairement restés dans le secteur des neurosciences, avec plus de 200 publications scientifiques cumulées. Enfin, chaque année, le nombre d'étudiants qui postulent au programme ne cesse d'augmenter, démontrant l'attrait de Neurasmus et sa réputation mondiale avec 500 candidatures pour seulement 18 places !

Neurasmus, chiffres-clés : 

Au total, depuis sa création, Neurasmus a accueilli environ 150 étudiants, 7 établissements partenaires actuellement (8 dans la prochaine demande), 50 nationalités représentées.

Pascal Fossat, porteur du master Erasmus Mundus Neurasmus ® université de Bordeaux
Pascal Fossat, porteur du master Erasmus Mundus Neurasmus ® université de Bordeaux

En savoir plus

Site du master Neurasmus

ECT+, un master au service de l'environnement

Porteuses à l'université de Bordeaux du master ECT+ :

  • Agnès Feurtet-Mazel, enseignante-chercheuse à l'université de Bordeaux (Unité de formation de biologie)
  • Nathalie Geneste, enseignante-chercheuse à l'université de Bordeaux (Unité de formation de chimie)

    Toutes deux sont chercheuses au laboratoire Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux (EPOC - Bordeaux INP, CNRS et université de Bordeaux)

Coordination du master assurée par l'université du Pays Basque

Quel a été le point de départ du master ECT+ ?

Le point de départ a été une réunion Euskampus avec nos homologues de l'Université du Pays Basque Espagnol sur l'opportunité de création de formation entre nos 2 régions (Pays Basque Espagnol et Nvelle Aquitaine)

Le programme Erasmus Mundus Joint Master Degree (EMJMD) "Environmental Contamination & Toxicology » (ECT +) est porté à Bordeaux par les masters mention Chimie et mention Toxicologie et écotoxicologie. C’est un parcours qui vient enrichir le parcours classique « Ecotoxicologie et Chimie de l’Environnement (EXCE) » et le parcours de double diplôme avec l’INRS de Québec. Aucune formation anglophone n’existait jusqu’à présent en écotoxicologie et en chimie de l’environnement à l’université de Bordeaux. La genèse de cette formation a été amorcée grâce aux échanges menés entre le LabEx COTE, l’UMR EPOC et l’université du Pays Basque (UPV/EHU), dans le cadre du projet de Campus Eurorégional d'Excellence Internationale Bordeaux-Euskampus. Dès 2016, l’idée d’une formation internationale centrée sur la contamination environnementale des milieux naturels a ensuite germé. En novembre 2018, le projet de master Erasmus Mundus "Environmental Contamination & Toxicology » (ECT +) a émergé autour d’une université portant le projet (Univ. Du Pays Basque) et de 5 partenaires dont l’université de Bordeaux. 

Cette formation ECT+ répond à une demande croissante du marché international en diplômés capables d’assumer un rôle de leader dans divers secteurs de l'environnement, notamment en recherche, en écotoxicologie, en protection et en gestion de l'environnement, au sein de l'industrie chimique, des organisations non gouvernementales au niveau local et mondial. Les employeurs des secteurs public et privé ont besoin de jeunes diplômés de qualité en tant que gestionnaires, planificateurs, décideurs, chercheurs ou conseillers capables de réfléchir à des problèmes complexes, comme d’analyser les problèmes environnementaux de contamination au moyen de mesures sur le terrain, d'expérimentations, d'analyses et de modélisations en laboratoire. Ils doivent également être capables de monter et de porter des programmes environnementaux. Les compétences et connaissances acquises en fin du master ECT+ permettront aux diplômés de répondre à tous ces défis. Ils peuvent ainsi exporter leurs acquis pour exercer à l’international et promouvoir le master Erasmus Mundus ECT+ auprès d’étudiants internationaux.

Quelles sont les perspectives pour le master dans les prochaines années ?

Ce programme européen est basé sur la compréhension des interactions entre la pollution chimique, la contamination des organismes vivants et les perturbations ressenties au niveau des écosystèmes. En outre, ECT + vise à offrir une formation pour la gestion du risque pour la santé de l'homme et de l'environnement lié à l'utilisation et à l'élimination des produits chimiques dans un scénario de changement global.

Après une première accréditation entre 2020 et 2025, un nouveau projet ECT+ One Health a émergé et a été déposé en février 2024 à la commission européenne. Nous sommes en attente des résultats pour juillet 2024 pour une rentrée effective en septembre 2025.

Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face en tant que porteur du master ? Quelles sont les plus grandes satisfactions ?

Le principal défi est de faire vivre une formation soutenable avec le financement Européen qui nous est accordée. Nous devons aussi être encore plus attentifs à nos méthodes d'enseignements car ce public est très diversifié (jusqu'à 11 nationalités différentes pour une promotion de 12 à 17 étudiants par an) et quelquefois habitué à des pédagogies très différentes des nôtres.

Notre plus grande satisfaction est d'aider ces étudiants internationaux, venant d'environnements culturels et sociaux différents, à acquérir des connaissances et des compétences dans les domaines environnementaux (perturbations des milieux naturels et anthropiques, pollutions, etc.) pour répondre aux défis auxquels tous les pays ont à faire face. A l'issue des deux années de master, et après avoir étudié dans deux à trois universités différentes du consortium dont l'université de Bordeaux, c'est un plaisir de les retrouver, lors de leurs soutenances finales, épanouis et riches de leur expérience européenne qui a grandement contribué à élargir leurs futurs horizons professionnels et personnels.

Votre master en quelques chiffres-clés : nombre d'étudiants qui ont suivi le Master, nombre d'établissements partenaires, nombre de nationalités représentées...

La rentrée à Bordeaux a été décalée à 2021 suite à la pandémie qui ne permettait pas d'accueillir les étudiants en présentiel sur Bordeaux.

2021-2022: 13 étudiants qui ont réalisé le S7 sur Bordeaux

2022-2023: 17 étudiants 

2023-2024: 12 étudiants

Nous sommes un consortium de 6 universités reconnues dans le domaine de la chimie environnementale, de l’écotoxicologie, de la contamination environnementale et de la qualité des milieux: Université du Pays Basque (UPV/EHU) en tant que porteur du projet ; et universités de Liège (Belgique), de Porto (Portugal), de Trondheim (Norvège), de Pau et les Pays de l’Adour et de Bordeaux avec la contribution d'un réseau mondial d'associés.

Ce consortium s’appuie sur un réseau de partenaires associés qui va favoriser la dissémination et la visibilité de ECT+ auprès des secteurs professionnels, et qui assure un rôle de veille pour tenir informé le Consortium ECT+ de toute évolution dans les secteurs concernés.

Ce programme européen ECT+ est porté conjointement par le master mention Toxicologie et écotoxicologie et par le master mention Chimie. Il a permis de diversifier l’offre de formation en écotoxicologie et chimie de l’environnement sur Bordeaux tout en assurant une meilleure lisibilité à l’international et en attirant de très bons étudiants de tous les pays du monde vers les métiers de la recherche. 

23 Nationalités représentées: Japon, Bolivie, Allemagne, Nigeria, Équateur, Philippines, Pakistan, Bangladesh, Équateur, Kazakhstan, Liban, Espagne, Etats-Unis, Colombie, Sri Lanka, Mexique, Rwanda, Guatemala,  Malawi, Libéria, Pérou, Belgique, Cuba

Étudiants de la promotion ECT+ 2023 ® université de Bordeaux
Étudiants de la promotion ECT+ 2023 ® université de Bordeaux

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